La légende dorée
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La matière première

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charlottechevallier:

Roue zodiacale by Ωméga * on Flickr.
Elihu Vedder : L’alchimiste.
Seuls ceux qui se sont endormis devant leur four après une nuit de travail peuvent apprécier réellement ce tableau… 

Elihu Vedder : L’alchimiste.

Seuls ceux qui se sont endormis devant leur four après une nuit de travail peuvent apprécier réellement ce tableau… 

Du cuivre

Au cours de l’OEuvre, la nécessité d’obtenir des métaux purs et très divisés (division “moléculaire” dans la terminologie de Boanergès) doit être résolue. Le mortier et son indispensable tamis n’est pas suffisant. La division moléculaire seule permet l’attaque au plus intime de la matière quelque soit la voie, sèche ou humide, empruntée. De plus, pour le rendre philosophique, il faut trouver des composés salins déliquescents.

Quelques éléments de réflexion :

1) Il faut partir d’un cuivre pur (99%) ; le dissoudre dans de l’acide nitrique (HNO3 pour les chimistes - pour nous, un peu différent). Si l’acide n’est pas concentré, la dissolution est aisée et se fait avec d’abondantes vapeurs rousses de NO2 (opérer sous sorbonne ou dehors). Évaporer la solution et redissoudre le sel dans l’eau puis cristalliser. Répéter plusieurs fois pour avoir Cu(NO3)2 le plus pur possible.

2) Le nitrate de cuivre est calciné au rouge sombre pour donner l’oxyde de cuivre. C’est la seule façon de l’obtenir pur. CuO est brun-noir.

3) Faire bouillir un mélange d’acide chlorhydrique, de cuivre en excès et d’oxyde de cuivre jusqu’à ce que celui-ci soit dissout ; filtrer sur du coton de verre et verser le tout dans un grand excès d’eau. Le chlorure de cuivre (Cu2Cl2) se précipite immédiatement. C’est une poudre blanche, dense, qui devient peu à peu violette et bleue à la lumière. Exposé à l’air, il s’oxyde et verdit même s’il est sec. Il n’est pas soluble dans l’eau.

4) Le mélange de chlorure de cuivre avec du carbonate de potassium sec et du sel ammoniac (à vous de trouver les bonnes proportions) donne, lorsqu’il est chauffé au rouge puis que la masse est épuisée par l’eau, du cuivre pur fort divisé : le cuivre “moléculaire”.

5) La solution du cuivre dans l’eau régale donne du chlorure cuivrique (CuCl2). Le liquide est vert émeraude et très déliquescent.

Lefèvre, dans le tome III de son Cours de Chimie, donne, pour le cuivre, le mode opératoire de toutes les voies des acétates (§ 33 : Pour faire le vitriol de Vénus, son soufre narcotique et son crocus).

1) Du cuivre en lamines est stratifié avec du soufre dans un creuset (commencer et finir par une couche de soufre). Le creuset est luté d’un couvercle qui comporte un trou d’1/2 centimètre. 

2) Le chauffage doit être progressif pour d’abord fondre le soufre. Le tour de main réside dans l’application du feu : La température doit être supérieure à 115°C mais inférieure à 200°C. En effet, le soufre fondu est fluide et transparent (jaune clair) vers 115°C, mais si l’on élève la température, il devient brun et visqueux. Vers 200°C, il est mou. Passé les 200°C, il redevient fluide mais reste brun. Il bout à 445°C.

On peut supposer que les Anciens, et en particulier Lefèvre, utilisaient du soufre natif qui est cristallisé en octaèdres appartenant au système orthorhombique. Par contre, le soufre fondu et refroidi cristallise en prismes appartenant au système clinorhombique. On obtient du soufre octaédrique quand on abandonne à froid à l’évaporation spontanée, une dissolution de soufre dans le sulfure de carbone (Troost : Traité de Chimie). Cette propriété donne un moyen de purifier le soufre antif à froid sans lui faire subie de fusion.

3) Lefèvre précise bien que la fusion du soufre lui permet de mieux pénétrer les lamines de cuivre. Au bout d’une heure, on augmente la température jusque vers 450°C de façon à ce que le soufre excédentaire s’évapore et sorte par le trou en s’enflammant. Lorsque plus rien ne brûle, on laisse tomber la température. Lefèvre précise que le cuivre est “renflé et cassant comme du verre” ; il donne une poudre rouge au broyage. On obtient donc un mélange de sulfure et d’oxydes de cuivre selon une proportion aléatoire qui permet l’irruption de l’Absolu dans le relatif de la matière. C’est ce cuivre fort divisé qu’il faut utiliser selon le procédé de Lefèvre.

4) la réitération du procédé finit par livrer un sulfate de cuivre (fin du § 33).

5) Ce sulfate de cuivre ou vitriol de Vénus (§ 34) est mélangé intimement au mortier avec de la limaille d’acier très pure : 245 g de vitriol de Vénus pour 122,4g de limaille d’acier, soit une proportion en gros de 2 à 1 (“Arès, plus vigoureux qu’Ariès doit être en moindre quantité" - Fulcanelli).

6) Le mélange des deux métaux est ensuite imbibé avec du vinaigre… Voir § 34, 35 et 36. Evidemment, si l’on suit la voie humide des acétates.

Mais ceci est une autre histoire…


"En Alchimie, ce qui ne peut être dit doit être montré. D’où l’importance des illustrations. Elles laissent souvent passer des informations très précieuses - de poids, de proportions, d’ordre des opérations”.
CORNELIUS le vieux
charlottechevallier:
alchimie

"En Alchimie, ce qui ne peut être dit doit être montré. D’où l’importance des illustrations. Elles laissent souvent passer des informations très précieuses - de poids, de proportions, d’ordre des opérations”.

CORNELIUS le vieux

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alchimie

"Je ne suis pas fait pour apprendre mais pour créer" pourrait être le mot d’ordre de tout alchimiste.
Mélégisènes
De la potasse philosophique.
Pour obtenir de la potasse philosophique, il faut partir du tartre naturel calciné à blancheur. Mettre 1 kg de tartre calciné dans 10 litres d’eau et porter à ébullition en compensant les pertes d’eau par évaporation. Additionner d’un lait de chaux fait à partir de chaux vive fraîche éteinte dans de l’eau céleste (1 part de chaux vive pour 10 d’eau). Laisser décanter et transvaser le liquide clair. Évaporer rapidement et faire subir la fusion ignée. Stocker à l’abri de l’air humide et du gaz carbonique.
La potasse dissout la silice et le kaolin calciné qui, par fusion, donne alors un verre très particulier dont nous nous servons dans certaines voies de l’OEuvre. Le kaolin est une argile très pure provenant de la décomposition du feldspath granitique (donc un silicate double d’aluminium et de potassium, 6SiO2. Al2O3.K2O).

“Dans toutes les voies, le plus délicat est l’obtention du sel philosophique. Tous les sels des trois voies sont à base de potassium.”
Jean-Pascal PERCHERON : Alchimie, la voie des amalgames.

Pour mémoire, le regretté Jean-Pascal Percheron travaillait sur la kaïnite :

“Le sel de ma voie est un sel double. Il doit y avoir une proportion der nature à respecter" (Idem).

Audere !
BOANERGES

De la potasse philosophique.

Pour obtenir de la potasse philosophique, il faut partir du tartre naturel calciné à blancheur. Mettre 1 kg de tartre calciné dans 10 litres d’eau et porter à ébullition en compensant les pertes d’eau par évaporation. Additionner d’un lait de chaux fait à partir de chaux vive fraîche éteinte dans de l’eau céleste (1 part de chaux vive pour 10 d’eau). Laisser décanter et transvaser le liquide clair. Évaporer rapidement et faire subir la fusion ignée. Stocker à l’abri de l’air humide et du gaz carbonique.

La potasse dissout la silice et le kaolin calciné qui, par fusion, donne alors un verre très particulier dont nous nous servons dans certaines voies de l’OEuvre. Le kaolin est une argile très pure provenant de la décomposition du feldspath granitique (donc un silicate double d’aluminium et de potassium, 6SiO2. Al2O3.K2O).

Dans toutes les voies, le plus délicat est l’obtention du sel philosophique. Tous les sels des trois voies sont à base de potassium.”

Jean-Pascal PERCHERON : Alchimie, la voie des amalgames.

Pour mémoire, le regretté Jean-Pascal Percheron travaillait sur la kaïnite :

Le sel de ma voie est un sel double. Il doit y avoir une proportion der nature à respecter" (Idem).

Audere !

BOANERGES


“Le quartz jouit d’une propriété particulièrement intéressante. Il possède une polarisation rotatoire énergique”.
Henri Le CHATELIER : La Silice et les silicates, Paris, Hermann, 1914, p. 7.

Le quartz jouit d’une propriété particulièrement intéressante. Il possède une polarisation rotatoire énergique”.

Henri Le CHATELIER : La Silice et les silicates, Paris, Hermann, 1914, p. 7.